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Djogol kulture: Le torchon brûle toujours Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par LaRime   
22-10-2008
Depuis bientôt 2 semaines, le torchon brule entre des artistes nigériens et leur Ministère de tutelle. Les artistes regroupés autour d’une plate forme revendiquent  entre  autre leur implication dans la prise de décisions les concernant mais aussi une transparence dans la gestion des fonds qui leur sont parfois alloués.
phenostudPour en savoir plus nous avons tendu notre micro à Pheno Bi et voici ce qu’il nous a dit à ce sujet : 

Bonjour Pheno, qu’est ce que « Djogol kulture » ?

Pheno Bi : « Djogol kulture » c’est  le titre d’une chanson que nous avons sortie, une chanson à travers des artistes nigériens ont exprimé leur ras-le bol et leur
mécontentement par rapport à des pratiques malsaines de certains agents du Ministère de la Culture. Les fonds qui nous sont destinés sont détournés en partie et parfois totalement. Nous en avons eu marre et nous avons décidé de tirer sur la sonnette d’alarme. Et nous avons même déposé une plate forme qui contient nos revendications.

Quels sont les principaux point de cette plate forme revendicative ?

Pheno Bi : C’est d’abord la révision du plan décennal de la culture nigérienne. En son état actuel, il ne peut rien apporter à la culture nigérienne, sinon l’enterrer définitivement ! Nous voulons un statut pour les artistes comme c’est le cas dans beaucoup de pays. Et puis quand nous disons artistes ce n’est pas seulement les rappeurs ou les musiciens. C’est tous les Artistes, Vous avez vu dans les clips de  « Djogol kulture » acte I et acte II  il y a des peintres qui parlent, des cinéastes, des griots, des artistes traditionnels, des écrivains etc. ! Donc c’est tout le monde culturel de notre pays qui est concerné !Nous exigeons aussi un audit complet du Bureau Nigérien des Droits d’Auteurs, là-bas il se passe également quelque chose de très flou.

Quels sont vos moyens de pression pour faire aboutir vos revendications ?

Pheno Bi : Les moyens on en a beaucoup ! Vous avez vu l’effet que nos deux chansons ont eu non ? D’autres suivront et avec plus de révélations sur la Mafia installée pour tuer la culture nigérienne. Et nous avons des documents pour justifier tout ce que nous allons révéler. Ils nous prennent pour des ignorants or parmi nous il y a des maitrisards, des juristes, des linguistes et que sais-je encore !Nous ne baisserons pas les bras et on est convaincu la vérité va triompher !Nous boycottons actuellement le CFPM Taya et nous avons une autre grande stratégie que je ne vais pas dévoiler ici. Mais sachez que l’acte 3 est en cours de finition et la dedans nous montons d’un cran !

Et les autres artistes qui ne sont pas avec vous dans le mouvement ? Nous les avons entendus apporter leur soutien au Ministère.
Pheno Bi : Vous savez partout où il y a regroupement de personnes, on ne peut pas voir tous de la même façon. Ils ont un point de vu qui est peut être le leur ou tout simplement on se sert d’eux pour mieux les exploiter et le jetter après. Ils ne sont pas du tout nombreux ces artistes qui ont monnayer  leur conscience contre de l’argent. Notre combat il est général et quand les fruits vont murir ils n’auront pas honte et viendront les manger avec nous. C’est ça la vie ! Ce que nous faisons même si nous n’allons pas récolter les fruits nous même, profitera aux futurs artistes car ils seront dorénavant pris avec beaucoup de considération et de respect. Si nos anciens avaient fait ce combat on n’en serait pas à ce stade aujourd’hui !

Certains pensent que votre mouvement sent un peu l’odeur d’une conspiration politique
Pheno Bi : C’est malheureux pour notre pays si à chaque fois que vous réclamez on vous associe à la politique ! Soyons sérieux et regardons les choses en face : nos problèmes sont nos problèmes  nous les artistes ! Au profit de qui nous allons mener un combat politique ou contre qui ? Aujourd’hui même si c’est parmi nous qu’on nomme un ministre ou un responsable quelconque dans le domaine de la culture, si ça ne marche pas, il va nous entendre ! Notre « politique » c’est la recherche du respect, le notre et celui de notre métier mais également la  défense de nos droits ! Il n’y a rien de politique en cela je crois ! La politique ça se fait au sein des partis !

 Ton mot de la fin
Pheno Bi : Les artistes  que nous sommes ne baisseront jamais les bras face à cette situation ! Je demande donc à tous de rester mobilisés comme aux premiers jours jusqu’à la victoire finale !Je remercie nigerime et toute la presse qui nous donne l’occasion de faire passer notre message !
Commentaires
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Boubacar Hassane Insa  - Technicien en Maintenance Informatique   |41.203.130.xxx |2008-11-09 16:36:53
ça me fait mal de voir que dans les autres pays les artistes sont les plus
riches , alors qu'au Niger ce sont eux les plus pauvres. Votre lutte est legale
et vous avez le soutient de la jeunesse de votre pays qui croit malgré tout à
son avenir.
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